Politique : Jean-Michel Lapin interpelle : qui gouverne réellement Haïti ?
- Radio Voix des archanges
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Dans une analyse sans détours de la gouvernance actuelle, le dirigeant du mouvement Nouvelle-Orientation, Jean-Michel Lapin, invité du journal " Premye okazyon " de Radio Caraïbes, pour ce lundi 9 février 2026, questionne la légitimité des décisions publiques, le fonctionnement du Conseil des ministres et l’absence d’une vision politique claire dans la transition haïtienne.
La gouvernance haïtienne traverse, selon Jean-Michel Lapin, une phase de profonde confusion politique. Depuis juillet 2021, et plus encore après décembre de la même année, le pays évolue dans un cadre institutionnel exceptionnel qui s’est progressivement éloigné des principes constitutionnels. En février 2026, pour le responsable du mouvement politique Nouvelle-Orientation, la question n’est plus seulement juridique, elle est fondamentalement politique.
« Qui gouverne réellement aujourd’hui ? », s’interroge Jean-Michel Lapin, pointant l’opacité qui entoure la prise de décision au sommet de l’État. Pour lui, le fonctionnement actuel du pouvoir ne laisse que peu de place au débat, à la délibération collective et à la responsabilité politique.
Au cœur de ses interrogations figure le rôle du Conseil des ministres. Théoriquement, cette instance est le centre de la décision gouvernementale. Dans les faits, estime-t-il, elle semble réduite à une fonction secondaire, loin de son rôle de pilotage stratégique. L’argument sécuritaire, souvent invoqué pour justifier la centralisation des décisions, ne saurait, selon lui, exonérer l’exécutif de ses obligations fondamentales.
Jean-Michel Lapin rappelle que même dans un contexte de crise, l’État reste tenu d’analyser, d’évaluer et de planifier l’action publique. Or, il observe une gouvernance réactive, dépourvue de vision à moyen et long terme, où l’urgence devient un mode de gestion permanent.
Les choix opérés dans le domaine économique illustrent, à ses yeux, cette dérive. Il s’interroge notamment sur la marge de manœuvre réelle des ministres, en particulier au ministère de l’Économie et des Finances. Un ministre peut-il engager l’État, modifier des accords ou orienter une politique économique sans validation claire et collective du Conseil des ministres ? La question, selon lui, mérite d’être posée publiquement.
Pour le leader de Nouvelle-Orientation, le Conseil des ministres devrait fonctionner sur la base de décisions collégiales, prises à la majorité, y compris lorsqu’il s’agit de révoquer ou de nommer des membres du gouvernement. L’affaiblissement de ce mécanisme contribue, selon lui, à diluer la responsabilité politique et à entretenir le flou institutionnel.
Jean-Michel Lapin évoque enfin la nécessité d’un véritable dialogue national, structuré et inclusif, capable de déboucher sur une vision politique claire, tant sur le plan interne qu’international. Sans cette vision, prévient-il, Haïti risque de s’enliser durablement dans une transition sans horizon.
Yves Paul LÉANDRE
