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Un décret électoral en gestation qui divise le milieu politique : l’OIDG met en garde l'Exécutif contre les modifications 

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

L’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance (OIDG), présidé par Ambroise Guillaume, a exprimé, dans une note de conjoncture publiée le 25 mai 2026, sa vive préoccupation face aux modifications introduites par le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans le projet de décret électoral soumis initialement par le Conseil électoral provisoire (CEP).

Selon l’organisation, si le document qui circule depuis le week-end reflète fidèlement les changements envisagés, il pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle crise électorale dans un contexte national déjà marqué par l’incertitude politique et sécuritaire.

L’une des principales modifications concerne l’article 130, qui exigerait désormais qu’un parti politique, un groupement ou un regroupement de partis agréé par le CEP présente une liste de 100 000 membres, adhérents ou sympathisants jouissant de leurs droits civils et politiques pour pouvoir participer aux élections. Le texte original du CEP prévoyait un seuil de 30 000 membres.

L’OIDG reconnaît que cette mesure pourrait contribuer à réduire le nombre de formations politiques engagées dans les compétitions électorales et favoriser une meilleure structuration de la vie partisane en Haïti. Toutefois, l’organisation estime que cette disposition risque également d’alimenter de nouvelles tensions politiques et d’accentuer les divisions au sein de la classe politique.

Pour l’Observatoire, les nombreuses interrogations entourant déjà le processus électoral, notamment les incertitudes liées au budget, au calendrier électoral et à la dégradation continue du climat sécuritaire, rendent difficile toute projection crédible de la tenue d’élections dans un avenir proche. Dans ce contexte, l’introduction de nouvelles contraintes pourrait compliquer davantage la recherche d’un consensus national.

La note soulève également des inquiétudes quant à la création d’un poste de directeur général nommé par l’Exécutif et doté de larges prérogatives administratives. Une telle disposition, selon l’OIDG, risquerait de compromettre l’indépendance institutionnelle du CEP et de réduire considérablement les pouvoirs des conseillers électoraux.

L’organisation attire aussi l’attention sur certaines dispositions relatives aux critères d’éligibilité des candidats, qu’elle considère comme susceptibles de servir de mécanismes d’exclusion à l’encontre de citoyens désireux de participer à la vie démocratique du pays.

Face à ces préoccupations, l’OIDG appelle le gouvernement à privilégier le dialogue et à ouvrir des consultations autour du projet de décret électoral. L’institution estime qu’une démarche consensuelle demeure indispensable pour éviter l’émergence d’une nouvelle crise politique et garantir la crédibilité du futur processus électoral en Haïti.

 
 
 

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