
Haïti-Politique : Deux siècles de gouvernance (1804‑2025), l’OIDG met à nu les forces, les faiblesses et les déterminants structurels du leadership haïtien
- Radio Voix des archanges

- 6 janv.
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L’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance (OIDG) publie une étude inédite révélant les forces, les faiblesses et les déterminants structurels du leadership haïtien sur la période 1804‑2025.
Conduite par le professeur Jean Antoine Mathias Lauréus, cette étude majeure évalue la qualité de la gouvernance politique de quarante‑six chefs d’État haïtiens. Fruit d’un travail méthodique mobilisant analyses statistiques multivariées, méthodes de proportionnalité et traitement avancé des données, elle propose un regard renouvelé sur l’histoire politique d’Haïti et sur les ressorts profonds de son évolution institutionnelle.
L’étude examine les performances des dirigeants selon dix‑sept critères, allant de la cohésion sociale à la modernité, en passant par la vertu, la sagacité, le progrès économique et social ou encore le comportement stratégique.
Les résultats dressent un panorama contrasté : Paul Eugène Magloire arrive en tête du classement, avec un score d’efficience de 76 %, faisant de lui le dirigeant le plus performant de la période étudiée. À l’autre extrémité, Jean‑Bertrand Aristide et Sylvain Salnave ferment le classement, avec un score de 21 %. Les performances moyennes des dix‑sept critères demeurent faibles, oscillant entre 62 % pour le courage politique et le leadership, et 35 % pour la transformation économique et sociale.
Ces résultats, loin de se limiter à un palmarès, ouvrent une réflexion profonde sur les dynamiques structurelles qui ont façonné l’État haïtien. L’étude identifie six facteurs explicatifs des écarts de performance entre les dirigeants : Origine géographique. Aucun impact significatif.
2. Tranche d’âge
→ Influence conditionnelle, dépendante du niveau de formation et de l’expérience politique.
3. Appartenance sociale (Noir / Mulâtre)
→ Forte relation de causalité avec la qualité de la gouvernance.
4. Niveau de formation académique
→ Nécessaire, mais insuffisant sans expérience politique.
5. Expérience politique
→ Facteur déterminant lorsqu’elle se combine à la formation.
6. Qualité des constitutions en vigueur
→ Aucune influence significative, ni individuelle ni collective.
Ces conclusions bousculent plusieurs idées reçues et invitent à repenser les fondements de la gouvernabilité en Haïti.
En croisant ces six facteurs, l’étude établit vingt‑six profils types de chefs d’État, classés selon leurs performances globales et par critère. Cette typologie offre une lecture fine des trajectoires de leadership :
- les Noirs éduqués et expérimentés figurent parmi les profils les plus performants ;
- les chefs d’État non éduqués et non expérimentés se situent systématiquement en bas de l’échelle ;
- les jeunes éduqués affichent un potentiel élevé mais inégal, dépendant de leur expérience préalable.
Cette cartographie du leadership haïtien éclaire les continuités et les ruptures qui ont marqué la construction de l’État.
À la lumière des données, l’étude affirme que la dégradation de la situation d’Haïti relève moins d’un destin inévitable que d’une accumulation de choix institutionnels, de déficits structurels et de modèles de gouvernance fragiles. Elle s’inscrit dans la continuité du Forum sur la crise haïtienne organisé par l’OIDG, qui plaidait pour un pacte de gouvernabilité de 25 ans.
L’enjeu est clair : refonder la gouvernance haïtienne sur des bases stables, prévisibles et stratégiques, capables de rompre avec les cycles d’instabilité qui ont marqué l’histoire nationale.
Yves Paul LÉANDRE




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