
Haïti : Me Inel Torchon écrit à l'OEA pour éviter le vide politique de février 2026 et réorienter l'architecture de la transition
- Radio Voix des archanges

- 9 déc. 2025
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Dans un contexte où la transition politique semble s’enliser et où les échéances constitutionnelles menacent de plonger le pays dans une nouvelle zone d’incertitude, l’avocat et écrivain Inel Torchon soumet à l’Organisation des États Américains (OEA) une proposition qualifiée d’ultime pour gérer le pouvoir après le 7 février 2026. L'adresse, envoyée au Secrétaire général Albert Ramdin, se veut à la fois un cri d’alarme et une feuille de route alternative face au blocage institutionnel actuel.
Le constat dressé par Me Torchon est sévère. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, le pays avance sans cadre juridique de succession et sans outil constitutionnel adapté pour affronter une crise d'une telle ampleur. L’accord du 21 décembre 2022, la création du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et la mise en place d’un gouvernement provisoire n’auront, selon lui, produit aucun résultat tangible. À trois mois de la fin de leur mandat, écrit-il, le bilan est quasi nul : ni sécurité, ni stabilité, ni élections, mais un appareil transitionnel devenu « budgétivore », traversé de luttes de pouvoir, de soupçons, et désormais incapable de conduire le pays vers la normalisation démocratique.
Tout en reconnaissant les efforts diplomatiques constants de l’OEA depuis plusieurs décennies, Inel Torchon estime qu’il est désormais nécessaire de réviser l’architecture de la transition. Il suggère la mise en place d’une commission restreinte de trois personnalités de la société civile, chargée exclusivement de rétablir l’ordre, d'assurer un environnement sécuritaire minimal et de conduire le pays vers des élections générales. Dans la première configuration proposée, Me Torchon accepterait d'en assurer la présidence, aux côtés de l’historien Michel Soukar et de la militante Pascal Solage, si ces derniers donnent leur accord. Une seconde option, en cas d’impossibilité, ferait appel à des représentants institutionnels : la Fédération des Barreaux, la Cour de Cassation et la société civile.
L’avocat insiste sur l’urgence d’agir pour éviter un vide politique qui ouvrirait la porte à une déstabilisation encore plus profonde. Il évoque aussi des éléments encourageants, notamment le nouveau commandement de la Police nationale d’Haïti sous la direction de Vladimir Paraison et la publication récente du décret électoral, mais rappelle que ces avancées demeurent fragiles sans un leadership cohérent et une vision partagée.
La proposition de Me Torchon ne se limite pas à la composition de la commission. Elle inclut également l’idée d’un cabinet ministériel réduit autour du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, concentré exclusivement sur l’organisation des élections, tandis qu’un plan opérationnel sécuritaire serait présenté ultérieurement aux partenaires internationaux.
Le signataire se dit prêt à fournir analyses, compléments techniques et soutien expert pour la mise en œuvre de cette transition resserrée. Il conclut en affirmant que sa démarche est motivée par le devoir patriotique et la volonté de préserver la « noblesse » de la nation haïtienne.
Cette proposition, envoyée depuis Port-au-Prince et datée du 6 décembre 2026, sera-t-elle entendue par l’OEA et les acteurs concernés ? Sa portée dépendra de l’ouverture du dialogue politique, de la capacité des institutions régionales à réagir vite, et surtout de la volonté collective de sortir enfin Haïti de cette crise prolongée qui ronge son existence depuis trop longtemps.
RVAinfo




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