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Entre mythe et réalité: L’archevêque de Miami, Thomas G. Wenski déclare qu’Haïti peut rivaliser avec la République dominicaine

  • Photo du rédacteur: Radio Voix des archanges
    Radio Voix des archanges
  • 31 déc. 2025
  • 3 min de lecture

L’écrivain-journaliste Joël Lorquet a été reçu en audience privée, le lundi 29 décembre 2025, par l’archevêque de Miami, Monseigneur Thomas G. Wenski. Au cours de cette rencontre, les deux hommes ont échangé sur la situation générale d’Haïti, les activités de la Fondation Lorquet pour une Nouvelle Haïti (FOLONHA), ainsi que sur les perspectives de développement du village de Cazale.


Monseigneur Wenski, d’origine polonaise, s’intéresse depuis longtemps à Haïti. Il a visité le pays à plusieurs reprises depuis les années 1970 et maîtrise parfaitement la langue créole.L’archevêque de Miami a souligné que les Dominicains ont su développer de solides relations avec leur diaspora, un élément qui, selon lui, constitue l’une des grandes différences entre les deux nations partageant l’île. Il affirme nourrir beaucoup d’espoir pour Haïti — un espoir qui, dit-il, dépasse le simple optimisme — mais rappelle que le pays ne pourra progresser que si les Haïtiens choisissent l’unité et le véritable vivre-ensemble.


Il rappelle qu’il y a environ 150 ans, la République dominicaine était aussi pauvre qu’Haïti. Toutefois, alors que les Dominicains ont poursuivi leur processus de développement, Haïti l’a interrompu. Il note également que la diaspora dominicaine entretient des relations constructives avec son pays d’origine, pouvant même y retourner pour participer aux élections. En Haïti, la situation est différente, bien que la diaspora contribue largement à l’économie nationale.


Selon Monseigneur Wenski, Haïti peut encore rattraper son retard si les dirigeants et les citoyens — tant du pays que de la diaspora — s’engagent sincèrement dans la voie de l’unité. Il estime qu’un développement réel passe nécessairement par une entente profonde entre les Haïtiens vivant sur le territoire national et ceux établis à l’étranger.L’archevêque a également rappelé que la diaspora constitue un atout majeur pour la communauté haïtienne de Floride. Il évoque l’arrivée, il y a un demi-siècle, de nombreux Haïtiens comme boat people, dont les enfants et petits-enfants sont aujourd’hui des intellectuels, des professionnels accomplis et des acteurs économiques contribuant au développement des États-Unis. Il estime par ailleurs qu’il serait pertinent de repenser la question linguistique dans la dynamique du développement haïtien.


Abordant la question de l’insécurité, Monseigneur Wenski a souligné la complexité du problème, notamment en raison de la position géographique d’Haïti par rapport à la Colombie. Il rappelle que les armes qui arrivent en Haïti proviennent de l’extérieur et que les groupes armés sont financés par des individus en col blanc animés de mauvaises intentions, tandis que la population en subit les conséquences.


Selon lui, la solution à l’insécurité ne se trouve pas uniquement en Haïti, puisque les armes et les munitions sont financées par les cartels de la drogue. La position stratégique du pays, situé sur une route de transit entre la Colombie et d’autres destinations, facilite les activités criminelles et favorise la corruption politique. Il estime néanmoins que ce problème peut être résolu si une réelle volonté politique se manifeste.


Face à la crise actuelle, Monseigneur Wenski insiste sur un principe fondamental : il n’y a pas de stabilité sans justice, sans réconciliation, sans compréhension et sans amour de la patrie. Il souhaite que les Haïtiens parviennent à une solution fondée sur ces valeurs, afin de permettre au pays de retrouver sa stabilité et de progresser vers un développement durable.


L’archevêque exprime également le souhait que la nouvelle année offre l’occasion de renouveler l’espoir collectif et de favoriser une véritable réconciliation entre les Haïtiens, appelés à vivre comme des frères et des sœurs. « La solution aux problèmes d’Haïti passe par l’application du bien vivre ensemble », affirme-t-il.


Engagé auprès des Haïtiens de Floride depuis 1978, Monseigneur Wenski rappelle avoir œuvré pour rendre l’Église plus visible au sein de la communauté haïtienne et pour faire reconnaître les Haïtiens dans d’autres milieux. Partout où il passe, souligne-t-il, les Haïtiens trouvent leur place et se sentent chez eux.


Ayant visité Haïti à de nombreuses reprises depuis les années 1970, notamment le village de Cazale, il estime que cette localité pourrait devenir un site de tourisme écologique si les autorités et les natifs de la zone s’y engagent activement. Il a salué la beauté naturelle et la préservation de cet espace. Selon lui, il serait même possible d’encourager les touristes polonais à découvrir ce lieu paradisiaque, en raison des liens historiques unissant la Pologne et Haïti depuis la guerre de l’Indépendance.


De son côté, le Dr Joël Lorquet a plaidé en faveur d’Haïti et réitéré l’importance du soutien de Monseigneur Wenski à la communauté de Cazale. Sans faire de promesse formelle, l’archevêque a exprimé son souhait de collaborer avec la FOLONHA pour le développement de ce village. Il n’exclut pas de mobiliser ses contacts afin de contribuer à la valorisation de ce joyau qui mérite d’être mis en lumière.


Dr Joël Lorquet



 
 
 

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