
Décret électoral : Jean Michel Lapin juge impossible la tenue des élections le 13 décembre
Une réunion cruciale s’est tenue vendredi soir entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et le gouvernement autour du décret électoral. La rencontre, qui s’est achevée vers 00 h 45 dans la nuit, devrait déboucher sur des modifications du texte en Conseil des ministres, selon une source proche de la Primature.
La date du 13 décembre 2026, retenue pour la tenue du premier tour des élections, l’inscription des candidats ainsi que d’autres dispositions relatives au processus électoral seraient notamment appelées à être reconsidérées.
Invité à l’émission Ayiti Cheri, diffusée sur Radio Voix des Archanges, l’ancien Premier ministre Jean Michel Lapin a confirmé la tenue de cette réunion vendredi soir. Il estime toutefois que le CEP et le gouvernement « persistent dans l’erreur » depuis le début du processus.
Selon l’ancien chef du gouvernement, le décret électoral devait être rédigé par le CEP. Cette question aurait d’ailleurs provoqué un clash entre l’institution électorale et les autorités gouvernementales. Jean Michel Lapin évoque également plusieurs « anomalies » dans le décret et estime que les discussions actuelles pourraient aboutir à une modification du texte sans une véritable consultation des partis politiques.
« Le CEP a déjà fait de multiples rencontres. Là encore, il faut reprendre le processus et s’asseoir avec les parties concernées pour modifier le décret », soutient-il.
Pour Jean Michel Lapin, croire que les élections pourront effectivement se tenir le 13 décembre 2026, relève de l’illusion. Il cite notamment l’insécurité comme l’un des principaux obstacles à l’organisation du scrutin.
L’ancien Premier ministre se montre également préoccupé par l’état d’avancement de l’inscription des électeurs. Il estime que le CEP est encore loin d’avoir enregistré un million d’électeurs, alors que le pays compterait environ sept millions de personnes en âge de voter. À ses yeux, un scrutin auquel ne participeraient que 700 000 à 800 000 électeurs pourrait déboucher sur une grave crise de légitimité.
Jean Michel Lapin, qui dirige la Nouvelle Orientation, préconise ainsi de repousser les élections à mars 2027, tout en veillant à respecter l’échéance constitutionnelle du 7 février 2028.
« Depuis cinq ans, nous sommes loin de la norme », déplore-t-il,
estimant que cette situation contribue à maintenir Haïti à l’écart de la scène internationale.
Tout en disant comprendre la volonté des autorités de faire pression pour organiser les élections le 13 décembre 2026, Jean Michel Lapin considère que cette échéance est, dans les conditions actuelles, « quasi impossible » à respecter.
RVA info




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