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Culture: Erol Josué plaide pour une reconnexion d'Haïti à son identité culturelle

  • il y a 11 heures
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Dernière mise à jour : il y a 10 heures

Invité de la 10e édition de l'émission Rencontre au Sommet, enregistrée au Bureau National d'Ethnologie (BNE), son directeur général, Erol Josué, a livré une réflexion approfondie sur la crise identitaire qui, selon lui, continue de fragiliser la société haïtienne. Face aux journalistes Odca Valcourt et John Herby Casseus, il a rappelé le rôle essentiel du BNE dans la préservation du patrimoine national et lancé un appel à une véritable reconnexion avec l'histoire et la culture du pays.


L'émission s'est déroulée en présence de Mme Sandra Duvivier, présidente de la Commission technique de restructuration des médias d'État, de M. Képler Hyacinthe, Directeur ainsi que de M. Yves Paul Léandre, directeur éducatif et culturel à la TNH. 

Au cours de l'entretien, le DG Erol Josué est revenu sur la création du Bureau National d'Ethnologie en 1941 par Jacques Roumain, dans un contexte marqué par les conséquences de l'occupation américaine. Selon lui, cette institution avait pour mission de préserver l'identité nationale à travers l'étude des civilisations amérindiennes, des traditions populaires, de l'archéologie, des grottes et du patrimoine culturel matériel et immatériel.



Le directeur général du BNE a expliqué que depuis son arrivée à la tête de l'institution, il s'efforce de répondre à cette crise identitaire qui, selon lui, demeure l'un des plus grands défis du pays. Ethnographe, chanteur, musicologue et houngan, Erol Josué affirme que son engagement dépasse le cadre administratif et s'inscrit dans une démarche de valorisation de l'héritage culturel haïtien.

Il a également présenté plusieurs projets menés par le BNE, notamment les recherches archéologiques dans le Nord et le Sud du pays, la restauration de musées ainsi que des missions ayant conduit à la découverte d'armes anciennes dans la région de Grande-Rivière-du-Nord, un territoire lié à Jean-Jacques Dessalines. Ces objets sont étudiés avec l'appui de partenaires internationaux, Haïti ne disposant pas encore d'un laboratoire spécialisé pour ce type d'analyses.

Erol Josué a toutefois souligné les nombreux obstacles auxquels fait face le Bureau National d'Ethnologie. Le manque de ressources financières, l'insuffisance d'équipements, l'insécurité et la dégradation de plusieurs sites patrimoniaux compliquent considérablement le travail de l'institution. Il s'est également inquiété de la vente de certains espaces historiques, notamment dans la région de Limonade, qui pourraient disparaître faute de protection.

Le directeur général du BNE a aussi dénoncé la stigmatisation dont le vodou continue d'être victime. À ses yeux, cette religion, avec ses rites, ses chants et ses traditions, constitue une composante essentielle du patrimoine culturel haïtien. Il estime que les préjugés entretenus autour du vodou ralentissent les efforts de sensibilisation et de valorisation de cette richesse culturelle.




En conclusion, le DG

Erol Josué a lancé un appel aux Haïtiens à se réapproprier leur histoire afin de construire l'avenir du pays. « Haïti est essentiellement un pays de patrimoine », a-t-il rappelé, estimant que la sauvegarde de l'identité nationale demeure une condition essentielle pour le redressement de la nation.



RVAinfo






 
 
 
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