Carnaval 2026: Selon Jean-Michel Lapin, c'est une identité à organiser, pas une fête à improviser
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Pour Jean‑Michel Lapin, le carnaval haïtien ne peut plus être traité comme un simple événement festif inscrit au calendrier. Il est, au contraire, un fait culturel majeur, porteur d’identité, d’économie et de mémoire collective, qui exige vision, méthode et responsabilité de l’État.
Selon lui, le débat sur le carnaval ne doit pas se limiter à la question du lieu ou du budget, mais s’ouvrir sur une interrogation plus profonde : qu’est-ce que le carnaval dit de nous comme nation ?
Invité de Radio Caraïbes, ce mardi 17 février 2026, Jean-Michel Lapin rappelle que, historiquement, le carnaval national relevait d’une organisation centrale, impliquant les institutions publiques, les médias d’État, les collectivités territoriales et les acteurs culturels. Cette centralité n’était pas un luxe, mais une nécessité pour garantir cohérence, sécurité, lisibilité et retombées économiques.
À ses yeux, l’État ne peut pas se contenter d’accompagner symboliquement le carnaval ; il doit en être le régulateur stratégique, sans étouffer la créativité populaire.
Le carnaval, insiste Lapin, est un outil de construction identitaire. Musiques, thèmes, chars, masques et messages racontent une société à un moment donné de son histoire. Lorsqu’il est mal préparé ou vidé de son sens, le carnaval cesse d’être un miroir collectif pour devenir une simple agitation.L'ancien ministre de la culture et de la communication estime que chaque édition devrait être bâtie autour d’axes clairs : culture, mémoire, économie, tourisme, cohésion sociale. Sans cette ossature, la fête se disperse et perd sa portée nationale.
Pour Jean-Michel Lapin, le carnaval ne doit pas être vu uniquement comme une dépense publique, mais comme un investissement culturel et économique. Artisanat, musique, hôtellerie, transport, restauration : tout un écosystème peut en bénéficier, à condition que la planification commence plusieurs mois à l’avance et s’inscrive dans une vision durable. Il met en garde contre les décisions tardives, les improvisations et les querelles politiques qui fragilisent l’événement et en réduisent l’impact.
Enfin, M. Lapin souligne une dimension souvent négligée : le carnaval comme espace de parole collective. À travers la satire et la création artistique, le peuple exprime ses frustrations, ses espoirs et ses colères. C’est un thermomètre social que les autorités devraient apprendre à écouter plutôt qu’à craindre.
Une conclusion sans ambiguïté
Pour Jean-Michel Lapin, le vrai enjeu n’est pas de savoir où organiser le carnaval, mais comment et pourquoi. Tant que le carnaval ne sera pas pensé comme un projet national structurant, il restera prisonnier des improvisations, des polémiques et des occasions manquées.
Le carnaval haïtien, conclut-il, mérite mieux qu’un événement de circonstance : il mérite une vision nationale à la hauteur de son importance symbolique.
RVAinfo
